La quotité est la part du financement assurée pour une personne. À deux, une répartition 50/50 et une couverture 100/100 ne procurent pas la même protection. Le bon choix dépend des exigences du prêteur, des garanties souscrites et de ce que chacun pourrait encore rembourser si l’autre décédait ou ne pouvait plus travailler.
Ce guide explique les répartitions possibles avec des exemples. Pour situer ce choix dans votre contrat, retrouvez les garanties de l’assurance emprunteur.
Rédaction : MME Assurances — Informations vérifiées le 4 octobre 2026.
Quotité assurée : ce que signifie le pourcentage
Une quotité de 60 % décrit la part couverte pour l’assuré concerné. Elle ne représente ni sa part de propriété dans le logement, ni un pourcentage de remboursement de toutes les dépenses du foyer. Son application dépend de la garantie : le décès peut conduire au remboursement d’une partie du capital restant dû, tandis qu’une incapacité peut ouvrir droit à la prise en charge d’échéances selon les conditions prévues.
La fiche personnalisée remise par le prêteur précise la couverture exigée. Une répartition n’est donc pas à choisir indépendamment de ce document.
50/50, 70/30 ou 100/100 : un exemple au décès
Exemple fictif : il reste 180 000 € à rembourser au jour du décès d’un coemprunteur. On suppose ici que le décès est couvert, que la garantie est en vigueur et qu’aucune exclusion ne s’applique. Le tableau présente uniquement le capital, sans décrire toutes les conditions d’un contrat réel.
| Répartition A / B | Capital réglé au décès de A | Capital restant après règlement |
|---|---|---|
| 50 % / 50 % | 90 000 € | 90 000 € |
| 70 % / 30 % | 126 000 € | 54 000 € |
| 100 % / 100 % | 180 000 € | 0 € |
Dans la deuxième ligne, le décès de B conduirait, avec les mêmes hypothèses, à un règlement de 54 000 € et laisserait 126 000 € de capital. Une répartition asymétrique doit donc être examinée dans les deux sens.
Avec 100/100, chaque personne est assurée pour la totalité du financement. Cela ne signifie pas que le décès d’une personne permet de percevoir deux fois le capital. France Assureurs décrit le principe du co-emprunt et de la répartition de l’assurance.
Comment choisir une répartition adaptée au foyer ?
Comparer les salaires est un point de départ, mais cela ne suffit pas. Une personne qui apporte peu de revenus peut assurer une part importante de la garde des enfants ou de l’organisation du quotidien. Sa disparition peut créer de nouvelles dépenses pour le survivant.
Construisez deux scénarios : que pourrait supporter A sans B, puis B sans A ? Pour chacun, notez les ressources qui resteraient disponibles, les charges incompressibles, les dépenses supplémentaires possibles et la réserve financière mobilisable. Le pourcentage doit aider à protéger ce budget, et pas seulement reproduire la répartition actuelle des revenus.
- Revenus proches : examinez si la moitié du capital restant serait encore supportable pour chacun.
- Revenus très différents : vérifiez la protection du revenu principal, mais aussi les besoins créés par l’absence de l’autre personne.
- Personnes à charge : tenez compte de la continuité du logement et des dépenses du foyer.
- Revenus irréguliers : appuyez la réflexion sur un budget prudent, plutôt que sur une seule bonne année.
Ces scénarios servent à préparer l’échange avec votre conseiller. Ils ne remplacent pas l’étude des exigences bancaires et des conditions d’assurance.
La quotité fonctionne-t-elle de la même façon en arrêt de travail ?
Ne transposez pas automatiquement l’exemple du décès. Pour une garantie incapacité, il faut examiner la quotité, le délai de franchise, la définition de l’incapacité, les plafonds et le mode d’indemnisation. Une quotité de 100 % ne garantit pas, à elle seule, le paiement intégral de chaque échéance dans toutes les situations.
Consultez notre guide sur la franchise, la carence et l’indemnisation, puis celui sur l’assurance emprunteur en cas d’arrêt maladie. Vérifiez aussi si les quotités sont identiques pour toutes les garanties ou si le contrat distingue les risques assurés.
Quel effet sur le coût de l’assurance ?
Augmenter la part assurée étend la couverture et peut augmenter la cotisation. L’écart doit être chiffré sur un devis : deux personnes peuvent avoir des tarifs différents et le prix total ne se déduit pas d’une simple addition de pourcentages.
Demandez, lorsque les exigences du prêteur le permettent, plusieurs répartitions avec les mêmes garanties. Comparez le coût total et la différence de capital ou d’échéances qui resterait à financer dans vos scénarios. Notre guide sur les cotisations fixes et variables complète cette lecture du coût.
Peut-on changer de quotité pendant le prêt ?
Une modification doit être étudiée avec le prêteur et l’assureur. La possibilité de demander un changement d’assurance n’autorise pas automatiquement une baisse de couverture. Vérifiez l’équivalence des garanties et la quotité exigée avant de résilier ou de signer un avenant.
Lors d’une hausse de quotité, demandez également quelles formalités, quelle date d’effet et quelles conditions s’appliquent à la couverture supplémentaire. Conservez une confirmation écrite de la répartition retenue. Le guide délégation et substitution d’assurance décrit les démarches de changement de contrat.
Questions fréquentes sur la quotité
Faut-il obligatoirement être assuré à 100 % chacun ?
Il n’existe pas une répartition identique pour tous les couples. Le prêteur indique la couverture qu’il exige pour le financement concerné. Comparez ensuite les répartitions qu’il accepte et leur effet sur votre protection.
La quotité doit-elle correspondre à la propriété du logement ?
Ce sont deux notions distinctes. La propriété concerne les droits sur le bien ; la quotité concerne la protection assurantielle du prêt. Une répartition de propriété ne suffit pas à définir le besoin d’assurance.
Un contrat à 100/100 efface-t-il le prêt en cas de séparation ?
La séparation n’est pas un décès ou une incapacité couverte. Elle ne déclenche pas, par elle-même, le règlement du prêt par l’assureur. Le financement et la couverture doivent être réexaminés avec les professionnels concernés.
Pour préparer une comparaison adaptée, réunissez la fiche personnalisée, les caractéristiques du prêt et les quotités actuelles, puis demandez une étude d’assurance emprunteur.
